2015: l'accessibilité pour tous ?

© Laura Digiaro - Banque Crédit Agricole Paris Goncourt - Mai 2012

Cette année 2013 aura été décisive pour le secteur du tourisme et plus particulièrement hôtelier. A force de parler de modernisation, reclassement et investissements, les exploitants ne cessent de décupler leurs efforts pour s’adapter aux nouvelles réglementations.
Selon une enquête menée auprès des hôteliers Parisiens, il semblerait que la majorité des hôtels franchisés et de chaîne aient anticipé la mise en application de la loi en investissant directement dans des travaux de réhabilitation et de rénovation. Selon une étude menée par Hospitality ON et Olakala, 47% des hôtels sondés affirment avoir investi. Parmi ceux-là, 24% avouent qu’il ne s’agissait d’investissements réalisés que dans le but de répondre aux obligations réglementaires contre 23% qui souhaitaient améliorer leur produit.
En ce qui concerne les hôtels indépendants, le constat est déplorable : des coûts pouvant aller jusqu’à 100 000 €, des dossiers de dérogation à monter, une perte de plus-value etc.
Alors que la mise en application de la loi du 1er août concernant les normes de sécurité et d’incendie a nécessité de lourds investissements, il semble inévitable que ces Etablissements Recevant du Public (ERP) cherchent, par tous les moyens, à déroger aux règles relatives à l’accessibilité pour tous (cf : loi du 11 février 2005). Selon la loi, des dérogations pourront être demandées « si le projet relève de difficultés de mise en œuvre d’ordre technique, architectural ou financier […] ». La question qui se pose est de savoir si le jeu en vaut la chandelle. En effet, pour des établissements ne recevant que moins de 10 personnes en situation de handicap par an, est-il intéressant d’investir des milliers d’euros dans le réaménagement d’un établissement ?
Autre point, la commercialisation. Alors que booking.com ne cesse de prendre de l’ampleur en termes d’e-commercialisation d’établissements hôteliers, il semble important de différencier le type d’aménagements mis en place par l’hôtel. Au cours des recherches effectuées, certains hôtels référencés comme « accessible aux handicapés » étaient soit « accessible aux handicapés sous conditions » soit ne l’étaient pas du tout mais « on fait genre ». Il est nécessaire que les personnes en situation de handicap et qui souhaitent réserver puisse être en mesure d’identifier les aménagements proposés. De ce fait, un hôtel doit aussi communiquer en fonction du type de handicap : de par son site internet ou par le biais de plateformes.
Actuellement, une minorité des hôtels Parisiens ont conscience de l’impact de cette loi sur leur stratégie commerciale. En effet, si l’on pose la question « Pensez-vous qu’investir dans des travaux [de réhabilitation pour l’accessibilité] puisse être un atout comparé à vos concurrents ? » ces derniers répondent que les handicapés ne représentent pas un segment important. Par conséquent, qu’il n’est pas nécessaire d’investir. Peut-être faudrait-il se poser la question du « pourquoi ils ne viennent pas ».
Autre interrogation, pourquoi a-t-il fallu attendre jusqu’en 2015 pour commencer à parler d’accessibilité pour tous ?